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samedi 29 juin 2013

Jeu couloir vs Open-world

"Il y a de plus ou moins belles façons
de traverser un couloir."
Arsène de la Manigance
 
On valorise aujourd'hui le jeu "Open World", à monde ouvert, dont on peut parcourir les aventures dans l'ordre que l'on veut et qui propose de grandes cartes à explorer. Ce type de jeux serait plus conforme à la réalité que les jeux appelés "couloir", parce que dans la vie les rues ne sont pas toutes à sens unique, les carrefours n'offrent pas deux impasses sur quatre chemins et des tas de gravats bizarroïdes impossibles à escalader. Dans la vie on peut escalader partout !
Mais le problème est philosophique : la vraie liberté c'est le couloir.
 
En effet dans la vie nous ne sommes pas sûrs que tous nos mouvements ne sont pas déterminés par des causes extérieures : éducation, génétique, providence. En plus on a tendance à préférer les choix les plus utiles et agréables pour nous : qui est libre de renoncer à la société et de vivre comme un orang-outan ? Autre exemple : avons-nous le choix de mourir ou non ? Quelque nom qu’on lui donne, nature, Dieu ou dégénérescence des cellules, la puissance qui nous permet de vivre maintenant ne nous permet pas de vivre éternellement. En revanche, on a le choix de la façon de mourir : jeune, vieux, seul ou entouré, préparé pour ça ou n’y pensant jamais.
La liberté n'est donc pas de faire le bon choix entre plusieurs, mais de vivre à notre manière les choix déjà faits pour nous. Il y a de plus ou moins belles façons de traverser un couloir. Dans Half-Life le couloir offrait une large étendue de points de vue pour attaquer les bras et les pieds des ennemis sans qu'ils ne nous voient. Il y avait même des couloirs secrets invisibles au joueur trop rapide. On pouvait dès ce moment jouer l’infiltré, le pressé, le planqué, le barbare. Ah, Half-Life, c'était le bon temps !
Un couloir n'est pas un simple cylindre ou parallélépipède : le principe est connu depuis Doom,  et les développeurs ont enrichi avec le temps les couloirs. Ajoutez-y quelques caisses et rebords, entortillez les couloirs : et voilà de beaux terrains pour les traditionnels jeux de cache-cache et de labyrinthe. Emboîtez plusieurs couloirs étroits et vous obtenez un vieux classique, de Golden Eye à Battlefield 3 : la course poursuite dans un train, qui mêle couloirs étroits, portes imprévisibles, et même les embûches externes et internes du train dans un tunnel.
De plus, les jeux affichés "open world" contiennent en réalité d’innombrables couloirs : ainsi les missions de GTA et de Skyrim se font toujours dans des couloirs ! L’open world pourrait n’être qu’un joli menu pour choisir entre plusieurs couloirs, ces derniers restant la base du jeu vidéo. Même dans Far Cry 3 où les missions permettent plusieurs approches, il reste des phases de couloir. Le problème n'est donc le couloir, mais certains couloirs.
 
Conclusion : Faire un beau couloir est sans doute aussi difficile que proposer un open world ! Le problème ce sont les couloirs mal faits, trop répétitifs, ou fermés de manière invraisemblable, alors qu'on peut varier à l'infini le principe de l'espace qui n'a qu'une entrée et une sortie : en changeant les paramètres de largeur et en ajoutant des obstacles.
Et vous, traversez-vous d'une belle façon les couloirs ?

lundi 20 mai 2013

Pourquoi le jeu vidéo est-il supérieur au cinéma

Je réfléchis à une liste des raisons :
  • Le prix. Un jeu vidéo coûte moins cher pour le temps qu'on y passe. Au cinéma, 2h coûtent environ 10€, un jeu coûte entre 10 et 35€ (si on ne se précipite pas dessus dès la sortie), pour 6 à 60h de jeu (en moyenne). Le raisonnement fonctionne aussi avec les dvd.
  • L'originalité des contenus. Les films se classent en un nombre restreint de catégories, ce qui engendre beaucoup de stéréotypes. Il y a en gros deux genres : les films d'action et les films de sentiment. Tous les films se retrouvent plus ou moins dans une de ces catégories (du moins depuis que Jean-Luc Godard n'a plus l'inspiration). Dans le jeu vidéo, il y a les jeux centrés sur un personnage ou surplombant un large groupe, les jeux où l'univers est ouvert et les jeux où il n'y a qu'un lieu où passer, les jeux où les actions que l'on effectue font évoluer le personnage lui-même ou influencent l'histoire. Chacun se situe dans un univers contemporain, ancien ou imaginaire. La création est très vivace en ce moment. Cela est possible dans le domaine du jeu vidéo parce qu'on peut, en travaillant avec peu de moyens et un petit nombre de personnes, réussir à faire un bon jeu. Dans le cinéma, il faut convaincre des tonnes de personnes aux motivations différentes, ce qui contredit le principe selon lequel l'originalité est souvent solitaire.
  • L'immersion. L'immersion ne fait pas uniquement des progrès techniques mais des progrès humains. Les personnages vidéoludiques deviennent plus profonds, ont un passé, un façon personnelle de voir les choses.
  • La personnalisation. On peut paramétrer ce que l'on veut voir, si l'on aime le sang ou non, incarner un homme ou une femme, ou une race étrange, gros ou maigre. Quand pourra-t-on paramétrer les films ?
 
Par ce graphique particulièrement scientifique chacun peut voir que si l'on joue plus de 7h avec un jeu acheté 35€, le prix de l'heure descend en-dessous du prix de l'heure d'un film, estimé 10€ (dvd ou cinéma) et regardé 2h. Si vous jouez 60h, le prix de revient de l'heure est d'environ 0,58€ !
N'est-ce pas un bon argument ?

vendredi 3 mai 2013

Polémique d'un joueur contre le jeu vidéo

Il ne faut non plus croire que le jeu vidéo soit une pratique parfaite qui ne mérite que des éloges ! Je me propose donc de lancer ici la polémique et de recenser tous les problèmes causés par les jeux vidéo (et ils sont nombreux). Vos commentaires seront toujours les bienvenus.

Défaut de tous les jeux :
Le jeu vidéo est nuisible par le temps qu'il prend sur d'autres saines activités :
  • à la pratique de la lecture. Les jeux captivent plus que les livres, ce qui ne veut pas dire qu'ils donnent des émotions plus fortes. "Captiver" peut aussi vouloir dire "emprisonner" !
  • au temps de sommeil. On n'a jamais assez de temps pour jouer, alors il y a toujours une solution : jouer au lieu de dormir !
  • au travail à faire chez soi. Quand on a une tâche pénible à faire mais pas de véritable urgence, n'avons-nous pas tendance à la repousser pour jouer à la place ? Cela peut se produire chez soi, par rapport aux papiers administratifs, aux devoirs pour les enfants, voire au bureau !
Un bon joueur doit donc savoir gérer son emploi du temps !

Défaut de certains jeux :
Il faut bien dire que beaucoup de jeux sont parfaitement stupides et abrutissants. Ils ne nécessitent que des réflexes, des gestes simples à faire au bon moment. Cela n'est pas développer l'intelligence. Le point de vue sur les femmes est souvent formaté, mais pas toujours. (Quelques nuances sur la question 1, 2, 3.) La violence est ordinairement gratuite, elle est obligatoire, alors que dans la réalité il y aurait d'autres solutions. Arrêtons-nous sur ce point.

Que penser de la violence ?
Notre société contemporaine a opéré un basculement de la violence, qui émeut beaucoup quand elle se produit dans la vie quotidienne, au sein d'une famille, d'un quartier, mais n'émeut personne au cinéma. Le jeu vidéo se trouve entre les deux. Tuer des tortues en voie d'extinction, jamais, mais bondir dessus à pied joint quand on s'appelle Mario, c'est un jeu. De même, la licence GTA choque beaucoup, mais on est un attardé si on choqué par les films de Quentin Tarantino.
La violence culturelle a-t-elle un effet sur nous dans notre vie ? Il est clair qu'une image de violence peut rester dans la tête, revenir quand on n'en veut pas, obséder. Un jeu stressant vous met réellement dans un état de nervosité. Ce lien fascine les journalistes qui en parlent dès qu'ils le peuvent. Mais le chemin est encore long pour devenir un psychopathe. Seule une conjonction de facteurs, manque de buts constructifs dans la vie, pas de véritables amis à qui on peut tout dire, sentiment de manque de reconnaissance, impossibilité de maîtriser ses pensées et ... pratique de certains jeux vidéo anti- culturels peuvent faire passer à l'acte.

Conclusion :
Je me demande si on ne peut pas réduire tous les problèmes du jeu vidéo à un seul : diminuer la maîtrise de soi-même ? Beaucoup d'activités sont difficiles à arrêter n'importe quand, mais combien de fois a-t-on joué beaucoup plus longtemps que ce qu'on avait décidé ? Arrêter une tâche en cours est toujours délicat, quelle qu'elle soit, mais la disproportion a de quoi interpeler.

vendredi 26 avril 2013

Comment écrire correctement "jeux vidéo" ?

On rencense de nombreuses variantes. Maîtriser l'orthographe du mot nécessite d'en comprendre tous les ressorts :
  • jeu vidéo
  • jeu-vidéo
  • jeux vidéo
  • jeux-vidéo
  • jeux vidéos
  • jeux-vidéos
Faut-il mettre la marque du pluriel "s" à "vidéo" ?
Non, parce qu'il s'agit d'un mot composé, qu'on pourrait développer ainsi : jeu consistant en une projection vidéo. En produire plusieurs serait absurde, puisque cela impliquerait plusieurs vidéos superposées en même temps.

Faut-il mettre un tiret ?
La logique du mot composé nécessiterait un tiret, mais le mot est en réalité une adaptation française de videogames, et l'usage ne met pas de tiret.
Définir la règle demande un savant dosage entre la norme et l'usage. Nous aboutissons à cette

Conclusion :

Un jeu vidéo.
Des jeux vidéo.

samedi 30 mars 2013

Critique du culturel

"La culture c'est comme l'agriculture, mais pour l'esprit"
Arsène de la Manigance

Précision théorique :

On cultive son esprit comme on cultive un champ. Cela demande du soin, de l'attention, d'apporter régulièrement des nouveautés, de laisser reposer parfois, de ne pas abuser, de sélectionner les bons produits.
La coutume est tout l’inverse. On la reçoit, elle passe. Alors que la coutume vaut pour un temps et un groupe humain déterminé, la culture a vocation à durer toujours, à acquérir de nouveaux sens dans des époques et des lieux éloignés.
Quand nous disons "jeu vidéo culturel" nous entendons culturel comme "appartenant au domaine de la culture", non pas "témoignant des coutumes de notre temps".

Utilité de la culture :

· La culture sert à affiner la sensibilité

· La culture fait de l’esprit une source de plaisir

· La culture améliore les relations humaines

Arsène